Un arrêt maladie peut faire baisser le revenu dès les premiers jours, mais le salaire n’est pas toujours remplacé par une seule indemnité. La Sécurité sociale verse des indemnités journalières (IJSS), calculées sur une partie du salaire et limitées par un plafond. Selon votre ancienneté et les règles applicables dans votre entreprise, l’employeur peut ajouter un complément de salaire. Une convention collective ou un contrat de prévoyance peut améliorer cette couverture, parfois jusqu’au maintien de la rémunération habituelle.
Le montant réellement perçu dépend donc de plusieurs éléments : le salaire de référence, le délai de carence, l’ancienneté et l’origine de l’arrêt. Pour une maladie ordinaire, les trois premiers jours ne sont pas indemnisés par l’Assurance maladie et le complément légal de l’employeur ne commence généralement qu’au huitième jour. À l’inverse, un accident du travail ou une maladie professionnelle ouvre droit à des règles plus favorables. Ces différences comptent vite : elles peuvent représenter plusieurs centaines d’euros sur un mois.
Pour y voir clair, il faut distinguer le socle versé par la CPAM, le maintien de salaire dû sous conditions et les garanties supplémentaires prévues par les accords collectifs ou la prévoyance. Les démarches et les aides financières mobilisables peuvent aussi dépendre de votre situation. L’essentiel est de vérifier les documents applicables avant de tirer des conclusions à partir du seul montant figurant sur votre premier relevé.
En bref
- Les indemnités journalières de maladie ordinaire représentent 50 % du salaire journalier de base, dans la limite d’un plafond.
- La CPAM applique en principe trois jours de carence ; le complément légal de l’employeur débute généralement au huitième jour.
- Le maintien légal suppose notamment un an d’ancienneté, sauf dispositions plus favorables.
- La convention collective et le contrat de prévoyance peuvent améliorer l’indemnisation.
- En cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle, les délais de carence ne s’appliquent pas de la même façon.
Arrêt maladie : quels revenus remplacent le salaire ?
Pendant un arrêt maladie, le contrat de travail est suspendu : le salaire habituel n’est donc plus dû comme si vous travailliez. Deux relais peuvent prendre le relais, séparément ou ensemble : les indemnités journalières versées par l’Assurance maladie et un éventuel complément payé par l’employeur.
Le parcours de Lina, salariée rémunérée 2 000 € brut par mois, illustre l’écart possible. Si elle ne bénéficie d’aucun complément, ses indemnités journalières seront inférieures à son salaire habituel ; si sa convention collective prévoit un maintien plus généreux, la perte peut être réduite. Le résultat dépend de ses droits et des règles de son entreprise, pas d’un montant identique pour tous.
Indemnités journalières : calcul et plafond en 2026
Pour une maladie ordinaire, l’indemnité journalière correspond à 50 % du salaire journalier de base. Celui-ci est calculé à partir des trois derniers salaires bruts, dans la limite du plafond de rémunération retenu par l’Assurance maladie.
Depuis le 1er avril 2025, ce plafond de calcul est fixé à 1,4 fois le SMIC mensuel. Pour un arrêt prescrit à compter du 1er juillet 2026, l’indemnité journalière maximale indiquée est de 42,97 € brut par jour. Les salaires au-dessus du plafond ne sont pas pris en compte pour augmenter cette indemnité.
Par exemple, pour un salaire brut mensuel de 2 000 €, le salaire journalier de base est d’environ 65,75 € (2 000 × 3 ÷ 91,25). L’indemnité atteint alors environ 32,88 € brut par jour, avant prélèvements éventuels. Un salarié mieux rémunéré peut toucher le même maximum journalier si son salaire dépasse le plafond retenu.
Le versement commence normalement au quatrième jour d’arrêt, après trois jours de délai de carence. Pour ouvrir des droits au cours des six premiers mois, il faut notamment justifier d’au moins 150 heures travaillées durant les trois mois précédents ou avoir cotisé sur une rémunération minimale prévue par les règles de l’Assurance maladie.
Les indemnités sont en général versées par la CPAM tous les quatorze jours, après réception des éléments nécessaires, notamment l’attestation de salaire transmise par l’employeur. Si vous percevez l’allocation chômage, signalez l’arrêt à France Travail : l’indemnisation chômage est interrompue pendant la période où des indemnités journalières sont versées.
Maintien de salaire : les conditions du complément employeur
Le complément légal de l’employeur est encadré par le Code du travail. Il vise à ajouter une somme aux indemnités journalières afin d’atteindre un pourcentage de la rémunération de référence ; il ne signifie donc pas que le salaire intégral est automatiquement versé.
Pour bénéficier du régime légal, le salarié doit notamment avoir au moins un an d’ancienneté au premier jour de l’absence, transmettre son arrêt à l’employeur dans les 48 heures et être pris en charge par la Sécurité sociale. Le régime légal comporte également des exclusions pour certaines catégories d’emploi. Une convention collective peut prévoir des règles plus avantageuses ou étendre la couverture.
Durée et montant du complément légal
Pour une maladie non professionnelle, le maintien légal commence en principe au huitième jour d’arrêt, après un délai de carence de sept jours côté employeur. Les indemnités journalières sont prises en compte dans le calcul : l’employeur verse le complément nécessaire pour atteindre le taux garanti, et non une seconde indemnisation intégrale.
Le minimum légal prévoit d’abord 90 % de la rémunération brute, puis deux tiers. La durée de chaque période augmente avec l’ancienneté, par tranches de cinq ans, jusqu’à 90 jours pour chaque taux.
| Ancienneté dans l’entreprise | À 90 % du brut | À deux tiers du brut |
|---|---|---|
| 1 à 5 ans | 30 jours | 30 jours |
| 6 à 10 ans | 40 jours | 40 jours |
| 11 à 15 ans | 50 jours | 50 jours |
| 16 à 20 ans | 60 jours | 60 jours |
| 21 à 25 ans | 70 jours | 70 jours |
| 26 à 30 ans | 80 jours | 80 jours |
| 31 ans et plus | 90 jours | 90 jours |
Ces durées sont des minima légaux. Pour Lina, qui compte quatre ans d’ancienneté, le dispositif prévoit jusqu’à 30 jours à 90 %, puis 30 jours à deux tiers, indemnités journalières comprises. La convention collective peut supprimer le délai de carence, réduire l’ancienneté exigée ou prévoir un maintien plus élevé.
Quand l’employeur pratique la subrogation, il reçoit directement les indemnités journalières à la place du salarié et verse la rémunération maintenue sur la paie habituelle. Cela peut éviter d’attendre séparément le virement de la CPAM ; vérifiez toutefois le détail du bulletin pour comprendre les sommes versées et les éventuels prélèvements.
Convention collective et prévoyance : des garanties parfois plus favorables
Le minimum légal ne résume pas nécessairement vos droits du salarié. La convention collective, un accord d’entreprise ou le contrat de prévoyance peuvent prévoir un maintien à 100 % du salaire net, une indemnisation plus longue ou une prise en charge dès les premiers jours. Ces garanties varient selon le secteur et les accords applicables : mieux vaut vérifier le texte correspondant à votre emploi plutôt que se fier à une règle générale.
La prévoyance est une couverture complémentaire qui peut compléter les prestations de l’Assurance maladie et, selon le contrat, celles de l’employeur. Consultez la notice remise par l’entreprise ou demandez-la au service des ressources humaines. Votre contrat de travail et votre bulletin de paie peuvent également mentionner la convention collective ou l’organisme assureur.
Un arrêt peut aussi avoir des conséquences sur d’autres contrats. Si vous remboursez un crédit immobilier, vérifiez les conditions de prise en charge de votre assurance emprunteur en cas d’arrêt maladie : les garanties et délais dépendent du contrat souscrit.
Si votre état de santé le permet et que le médecin le prescrit, un temps partiel thérapeutique peut constituer une autre étape de reprise. Ses conséquences sur la rémunération sont spécifiques ; les règles sont expliquées dans ce point sur le salaire en mi-temps thérapeutique.
Accident du travail ou maladie professionnelle : une indemnisation différente
Lorsque l’arrêt est lié à un accident du travail ou à une maladie professionnelle reconnue, les règles d’indemnisation sont généralement plus favorables. Les indemnités journalières sont dues sans le délai de carence de trois jours applicable à une maladie ordinaire ; leur calcul repose sur un salaire journalier de référence et des taux spécifiques.
Les taux prévus sont de 60 % pendant les 28 premiers jours, puis de 80 % à partir du 29e jour, dans les limites réglementaires. Le complément employeur répond également à des règles particulières, notamment l’absence du délai de carence de sept jours applicable à la maladie ordinaire. La reconnaissance du caractère professionnel de l’arrêt est donc déterminante.
Cette situation peut avoir des conséquences au-delà de la période d’arrêt. Pour comprendre les liens entre maladie professionnelle et droits à la retraite, consultez les informations sur l’incidence d’une maladie professionnelle sur la retraite.
Aides financières et démarches à vérifier pendant un arrêt maladie
Quand les revenus diminuent, commencez par identifier les sommes auxquelles vous pouvez prétendre avant de solliciter une aide. Une réponse rapide permet souvent de repérer un dossier incomplet, une attestation manquante ou une garantie collective oubliée.
- Vérifiez les indemnités journalières dans votre compte Ameli et contrôlez que l’employeur a transmis l’attestation de salaire.
- Relisez la convention collective, le contrat de travail et la notice de prévoyance pour connaître le délai de carence et le niveau de maintien prévu.
- Interrogez le service des ressources humaines sur la subrogation, le calendrier de paie et le calcul du complément employeur.
- En cas de difficulté financière, contactez le service social de l’Assurance maladie ou un travailleur social afin d’examiner les aides financières mobilisables selon votre situation. Leur attribution dépend de critères propres à chaque dispositif.
- Si une somme semble manquer, demandez d’abord le détail du calcul par écrit et conservez les relevés, arrêts de travail et échanges avec l’employeur.
Si le désaccord persiste, un accompagnement peut aider à comprendre vos options et les démarches possibles. Des pistes sont présentées dans ce guide consacré à l’aide juridique en droit du travail.
Un arrêt peut également modifier l’acquisition des congés payés : depuis 2024, des droits à congés sont acquis pendant un arrêt maladie non professionnel selon les règles en vigueur. Pour chaque situation particulière, vérifiez les documents de l’employeur et les informations des organismes publics.
Questions fréquentes sur le complément de salaire en arrêt maladie
Le salaire est-il maintenu à 100 % pendant un arrêt maladie ?
Non, pas automatiquement. La CPAM verse des indemnités journalières calculées à 50 % du salaire journalier de base, dans la limite d’un plafond. Le complément légal de l’employeur est soumis à des conditions et atteint d’abord 90 % du brut, puis deux tiers. Une convention collective ou une prévoyance peut prévoir une meilleure indemnisation.
À partir de quel jour les indemnités journalières sont-elles versées ?
Pour une maladie ordinaire, elles commencent en principe au quatrième jour, après trois jours de carence. Le complément légal de l’employeur débute généralement au huitième jour. Pour un accident du travail ou une maladie professionnelle reconnue, les règles de carence sont différentes et les indemnités journalières sont dues dès le premier jour.
Quel est le plafond des indemnités journalières en 2026 ?
Pour un arrêt prescrit à compter du 1er juillet 2026, le plafond indiqué pour une maladie ordinaire est de 42,97 € brut par jour. Le salaire pris en compte est limité à 1,4 fois le SMIC mensuel depuis le 1er avril 2025.
Les indemnités journalières et le complément employeur sont-ils imposables ?
Le complément employeur est traité comme un salaire et soumis aux prélèvements applicables. Les indemnités journalières sont généralement imposables et soumises à la CSG et à la CRDS, sous réserve de situations particulières. Consultez les informations de l’Assurance maladie et de l’administration fiscale pour votre cas.
Que faire si l’employeur ne verse pas le complément prévu ?
Demandez par écrit le détail du calcul et vérifiez votre ancienneté, les dates de transmission de l’arrêt et les dispositions de votre convention collective. Si le désaccord demeure, vous pouvez solliciter un renseignement en droit du travail ou un accompagnement juridique avant d’engager une démarche.









